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Infomaniak Workspace pour PME suisses : guide avant de migrer vers kSuite

Quand on cherche « Infomaniak Workspace », on tombe sur un produit qui n’existe plus sous ce nom : Infomaniak appelle sa suite collaborative kSuite, et c’est sous cette marque qu’il faut évaluer l’offre.

La confusion vient de comparateurs et d’articles tiers qui calquent la formulation sur « Google Workspace » ou « Microsoft 365 ». Cet article traite donc de kSuite by Infomaniak, ce qu’elle couvre, ce qu’elle ne couvre pas et ce qu’une migration implique concrètement pour une PME romande soumise à la nLPD.

Celveo est une plateforme de solutions cloud souveraines pour les PME de Suisse romande. Dans cet article, nous vous donnons quelques éléments de réponse à ces questions dans le contexte des PME de Suisse romande soumises à la nLPD.

Qu’est-ce que kSuite exactement ?

kSuite est la suite bureautique et collaborative d’Infomaniak, société suisse indépendante fondée à Genève en 1994. Elle regroupe dans un seul abonnement la messagerie professionnelle (kMail), le stockage de fichiers (kDrive), la messagerie d’équipe (kChat), la visioconférence (kMeet), le calendrier et les contacts, le tout administré depuis un tableau de bord unique par utilisateur ou par organisation.

Dans sa version Entreprise, kSuite donne le choix entre OnlyOffice, suite bureautique open source et les versions web de Microsoft Word, Excel et PowerPoint, les logiciels et les données étant dans les deux cas exclusivement hébergés en Suisse sur les serveurs d’Infomaniak. Pour travailler hors ligne, les utilisateurs installent le client de synchronisation kDrive et conservent leur suite bureautique locale habituelle.

kSuite démarre à CHF 5.54 par utilisateur et par mois en version Standard. La version Pro, à CHF 9.42 par utilisateur et par mois, ajoute du stockage kDrive supplémentaire, une visioconférence avancée et un support prioritaire. À titre de comparaison, Google Workspace Business Starter coûte 7,99 € par utilisateur et par mois pour 30 Go de stockage seulement, tandis que kSuite Pro à 9,99 € offre 3 To par utilisateur.

Ce que kSuite couvre bien et ce qui coince encore

Pour une PME dont les usages se limitent aux emails, agendas partagés, stockage de fichiers et réunions vidéo, kSuite couvre l’essentiel.

kDrive permet le partage avec des droits granulaires, la collaboration sur des documents en ligne et la synchronisation sur poste de travail, sur macOS, Windows et Linux. Un assistant permet de migrer automatiquement les données depuis Dropbox, Microsoft OneDrive et les principaux services de stockage en ligne. Il est également possible de récupérer automatiquement les anciens messages d’une adresse mail gérée chez Microsoft via le protocole IMAP.

Là où certaines équipes ressentent une friction, c’est sur trois points précis. Les macros Excel complexes en VBA ne fonctionnent pas dans OnlyOffice : pour une PME qui pilote sa comptabilité sur des fichiers fortement macrosés, c’est une limite réelle qui demande une architecture hybride.

kChat est très bien pour une équipe interne 100% Infomaniak, mais dès qu’on travaille avec des partenaires externes, Slack reste le standard : les intégrations avec des outils comme Linear, GitHub ou Calendly y sont mieux développées. Enfin, les anciennes conversations de Microsoft Teams, Slack ou Google Chat ne peuvent pas être automatiquement récupérées lors d’une migration. L’historique de messagerie repart de zéro.

Lors d’un diagnostic chez une PME comptable genevoise de 12 collaborateurs, l’équipe Celveo a identifié deux fichiers Excel avec des macros VBA utilisées pour la génération de bordereaux fiscaux. Ces fichiers ont été maintenus sous LibreOffice Calc en local, tandis que le reste de la production documentaire basculait sur kDrive.

Ce type d’architecture hybride est souvent la solution la plus pragmatique : migrer ce qui peut l’être, sans forcer ce qui dépend d’un format propriétaire.

Ce que la migration implique concrètement

Une migration depuis Microsoft 365 vers kSuite se décompose en quatre phases. L’export des emails et calendriers depuis Exchange ou Outlook fonctionne via des formats standards (EML, ICS, vCard) et ne pose généralement pas de problème technique. Le transfert des fichiers depuis OneDrive ou SharePoint vers kDrive dépend du volume : pour une PME de 20 collaborateurs avec 500 Go de données organisées par projets, l’équipe Celveo réalise ce transfert en une à deux journées de travail. La reconfiguration des postes couvre principalement la redirection des comptes email et la synchronisation kDrive.

Un point à ne pas sous-estimer : lors de tout changement d’hébergeur mail, les enregistrements DNS d’authentification (SPF, DKIM, DMARC) doivent être mis à jour manuellement dans la zone DNS du nom de domaine. Cette étape n’est pas automatique, quel que soit l’hébergeur. Une migration réalisée sans reconfiguration de ces protocoles entraîne une chute immédiate de la délivrabilité : les emails professionnels arrivent en dossier spam chez les destinataires, parfois pendant plusieurs jours. C’est le type d’incident qui décrédibilise un projet de migration aux yeux des collaborateurs avant même que les nouveaux outils aient été pris en main.

D’après les retours des migrations accompagnées par l’équipe Celveo depuis 2025, les collaborateurs ont besoin en moyenne de deux à trois semaines pour retrouver leur rythme habituel sur les outils de communication, indépendamment de leur niveau de familiarité avec Microsoft 365. La vraie friction n’est pas fonctionnelle mais comportementale.

Ce que Celveo vous recommande avant de vous décider

kSuite est le bon choix pour une PME de 10 à 100 collaborateurs dont les usages bureautiques sont standards, qui souhaite un hébergement en Suisse avec une facturation prévisible, et qui n’a pas de dépendances profondes à l’écosystème Microsoft.

La nLPD, entrée en vigueur en septembre 2023, crée une incitation légitime à migrer vers un hébergement suisse : documenter les transferts de données personnelles est nettement plus simple lorsque tout est hébergé sous droit suisse par une société suisse non soumise au CLOUD Act.

Ce n’est pas le bon choix sans accompagnement. Infomaniak vend la licence, pas la migration. La différence entre une bascule réussie et une bascule douloureuse tient presque entièrement à la qualité de l’audit préalable et à la conduite du changement. Contrairement à ce qu’on lit parfois, le problème n’est pas la suite en elle-même, c’est que la plupart des PME sous-estiment le travail de cartographie des dépendances existantes avant de lancer quoi que ce soit.

Si vous voulez savoir si votre infrastructure actuelle est compatible avec une migration kSuite, contactez-nous pour en discuter.

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