Lors d’un diagnostic chez une PME vaudoise de 25 collaborateurs, une responsable RH a montré comment son équipe utilisait ChatGPT pour reformuler des contrats et des fiches de poste. Personne dans l’entreprise n’avait vérifié où partaient ces textes, ni s’ils pouvaient être réutilisés pour entraîner un modèle.
Celveo, plateforme de solutions cloud souveraines pour les PME romandes développée par Infologo, observe ce type de situation dans la majorité des audits menés en 2026 : l’IA générative est déjà utilisée au quotidien, souvent sans cadre.
Qu’est-ce qu’Euria, l’assistant IA d’Infomaniak ?
Euria est un assistant IA conversationnel lancé par Infomaniak fin 2025, hébergé exclusivement dans les datacenters suisses de Genève. Il fonctionne comme ChatGPT ou Claude pour la rédaction, la reformulation, l’analyse de documents ou la retranscription audio, mais avec une différence structurelle : les échanges des utilisateurs ne sont jamais utilisés pour entraîner les modèles, et les données personnelles sont dissociées du traitement algorithmique. L’accès de base est gratuit sans compte, et un compte my kSuite permet un usage illimité pour un usage personnel.
Une alternative suisse à ChatGPT pour PME, ça change quoi concrètement ?
Trois différences comptent pour un dirigeant.
D’abord la localisation : les données restent en Suisse, sous droit suisse, contrairement aux flux qui transitent par les infrastructures américaines de Microsoft (Copilot, adossé à OpenAI) ou de Google (Gemini).
Ensuite l’exposition juridique : ces deux acteurs restent soumis au CLOUD Act, une loi américaine de 2018 qui autorise les autorités des États-Unis à réclamer l’accès à des données hébergées par une entreprise américaine, y compris sur des serveurs situés en Europe.
Enfin l’usage des données : Euria garantit que les conversations professionnelles ne nourrissent jamais un modèle tiers, un point qui reste flou ou contractuellement complexe à documenter avec les offres américaines grand public.
Pour une PME soumise à la nLPD, la question n’est pas de bannir l’IA générative, mais de savoir laquelle utiliser pour quel type de contenu. Un texte marketing générique ne pose pas le même risque qu’un contrat, un dossier RH ou une donnée patient.
Souveraineté et impact écologique : deux arguments distincts
Infomaniak met en avant un troisième axe, moins souvent traité dans les comparatifs d’IA : l’impact énergétique.
Selon Agence IA (décembre 2025), la chaleur produite par les serveurs d’Euria est récupérée et réinjectée dans le réseau de chauffage urbain genevois, une pratique qui alimente plusieurs milliers de logements en hiver. C’est un argument différent de la souveraineté juridique, mais qui parle aux directions sensibles aux critères RSE, notamment dans les appels d’offres publics ou les cahiers des charges de grands comptes.
Cet aspect écologique ne remplace pas une analyse de conformité. Une entreprise qui choisit un outil pour son bilan carbone sans vérifier son cadre contractuel de traitement des données commet la même erreur que l’inverse.
Ce que Celveo recommande
Remplacer ChatGPT par Euria du jour au lendemain n’est pas la bonne approche. La vraie question est celle du tri : quels usages IA relèvent d’un contenu sensible et doivent passer par un outil souverain, et lesquels peuvent rester sur un outil grand public sans risque particulier.
Chez Celveo, on constate qu’une PME de 20 à 50 collaborateurs met en moyenne moins d’une demi-journée à cartographier ces usages une fois le sujet posé en réunion de direction. Pour les entreprises déjà équipées de kSuite, Euria s’intègre nativement à kChat, Infomaniak Mail et kDrive, ce qui évite d’ajouter un outil isolé de plus dans la pile logicielle.
Si vos équipes utilisent déjà l’IA générative sans cadre défini, on peut faire le point ensemble sur ce qui doit rester en interne et ce qui peut rester ouvert. Contactez-nous !