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Infomaniak passe sous contrôle d’une fondation suisse : ce que ça change pour les PME romandes

La nouvelle est tombée très récemment, Boris Siegenthaler, fondateur d’Infomaniak, vient d’annoncer qu’il n’est plus l’actionnaire majoritaire de son entreprise. Pas à cause d’un rachat, pas d’une levée de fonds. Il a lui-même transféré le contrôle à une fondation d’utilité publique suisse : la Fondation Infomaniak. C’est une décision structurelle, irréversible, et elle a des implications directes pour toute organisation qui fait confiance à Infomaniak pour ses données critiques.

Celveo, plateforme de solutions cloud souveraines pour les PME de Suisse romande, développée par Infologo à Genève et Lausanne revient sur cette création et ce que cela signifie concrètement pour les entreprises qui hébergent leurs données, leurs emails ou leurs applications chez Infomaniak.

Qu’est-ce que la Fondation Infomaniak, exactement ?

La Fondation Infomaniak est une fondation suisse d’utilité publique qui détient désormais la majorité des droits de vote d’Infomaniak, sous forme d’actions spéciales. Ces actions ne peuvent pas être cédées. Ce détail change tout : aucun investisseur, aucun acquéreur, aucune pression extérieure ne peut racheter ce bloc de contrôle. Ce n’est pas une clause contractuelle révisable, c’est une structure de gouvernance permanente.

La fondation a deux missions déclarées : soutenir des projets d’intérêt général (souveraineté numérique, environnement, numérique éthique, transition énergétique) et garantir l’indépendance d’Infomaniak en tant qu’actionnaire de référence. Boris Siegenthaler reste directeur stratégique de l’entreprise. Ce qui change, c’est ce qui protège les engagements pris envers les clients.

Tous les détails sur la composition de la fondation et ses statuts sont publiés sur leur site fondation-infomaniak.ch.

Pourquoi cette décision maintenant ?

Le message de Boris Siegenthaler cite un événement précis : des magistrats de la Cour pénale internationale ont perdu l’accès à leurs services numériques du jour au lendemain, en pleine procédure. Il s’agit de l’interruption des services Microsoft décidée unilatéralement par les États-Unis en 2025 dans le cadre de pressions diplomatiques. C’est un cas concret de ce que signifie dépendre d’un acteur dont les décisions stratégiques obéissent à d’autres priorités que les vôtres.

La montée en puissance de l’IA change aussi l’équation. Les données hébergées chez un opérateur cloud ont une valeur stratégique croissante, en particulier pour entraîner des modèles. Un opérateur soumis à des investisseurs cherchant à valoriser cet actif est soumis à des incitations que ses clients ne contrôlent pas. C’est exactement ce type de risque que la fondation est conçue à prévenir : les engagements d’Infomaniak ne dépendent plus de la volonté d’un fondateur, ni de l’absence d’offre de rachat.

Ce que ça change concrètement pour une PME cliente d’Infomaniak

Lors d’un diagnostic Celveo avec une PME genevoise du secteur RH, le directeur nous a posé cette question : « Si Infomaniak est un jour racheté par un acteur américain, qu’est-ce qui nous protège ? » C’est une question légitime, et jusqu’à présent la réponse reposait sur la parole du fondateur.

Avec la fondation, la réponse est structurelle. Voici ce qui est désormais verrouillé :

L’indépendance vis-à-vis des investisseurs extérieurs. Infomaniak peut accueillir des ressources pour sa croissance, mais sans que cela altère sa gouvernance ou sa mission. Un investisseur minoritaire n’achète pas de droits de vote déterminants.

L’ancrage suisse. Les datacenters d’Infomaniak sont à Genève et Zurich. Les données restent soumises au droit suisse et au droit européen, hors portée du CLOUD Act américain. Cette situation était vraie avant la fondation ; elle l’est tout autant après, mais elle ne peut plus être remise en cause par un changement d’actionnariat.

La transparence sur les engagements. Infomaniak publie chaque année un rapport d’impact public. Ce n’est pas un engagement marketing : c’est une obligation de la fondation vis-à-vis de ses membres.

Ce que Celveo recommande

Pour une PME romande qui évalue aujourd’hui où héberger ses données, ses emails ou ses applications, cette nouvelle rend Infomaniak encore plus défendable comme choix de long terme. La question du « que se passe-t-il si l’entreprise est rachetée ou change de cap » est une objection fréquente lors de nos diagnostics. Elle l’était ici aussi. Elle ne l’est plus.

Ce qu’on dit à nos clients : choisir un prestataire cloud souverain, ce n’est pas seulement choisir un datacenter situé en Suisse. C’est choisir un modèle de gouvernance qui aligne les intérêts du prestataire avec les vôtres sur la durée. Infomaniak vient de rendre cet alignement structurel.

Si vous hébergez aujourd’hui des données sensibles chez un acteur américain et que vous vous posez des questions sur votre exposition au CLOUD Act ou sur votre conformité nLPD, c’est le bon moment pour faire le point.


Si vous voulez évaluer votre situation et comparer vos options d’hébergement souverain, on peut faire le point ensemble en 30 minutes, sans engagement.

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